De nos jours, très peu d’entre nous se sentent complètement en paix et beeaucoup d’entre nous font face à des défis en matière de santé mentale, qu’il s’agisse de dépression et d’anxiété, des séquelles d’abus ou d’autres difficultés. Il peut être difficile de gérer ces problèmes seul·e en tant que célibataire, mais dans certains cas, c’est encore plus compliqué lorsqu’on est en couple. On s’inquiète de l’impact de notre santé mentale sur notre partenaire ou on peut avoir tendance à faire passer les besoins du couple avant les nôtres. Prioriser sa santé mentale dans une relation lesbienne peut sembler difficile, mais c’est tout à fait possible. Voici mes recommandations :
Faites attention à la codépendance et à l’enchevêtrement
Les relations lesbiennes sont souvent marquées par une grande proximité et une forte intimité — parfois jusqu’à frôler l’enchevêtrement (l’effacement des frontières entre vous en tant qu’individus distincts) ou la codépendance (lorsque votre bien-être émotionnel ou psychologique dépend de l’autre personne). Bien que cette proximité puisse être un soutien dans les moments difficiles et face aux défis liés à la santé mentale, l’enchevêtrement ou la codépendance peuvent en réalité compliquer les choses.
Dans une relation saine, vous vous soutenez mutuellement lors des périodes difficiles ou des crises personnelles, que ce soit en prenant en charge plus de tâches ménagères ou en discutant des problèmes rencontrés au travail. Cependant, il est essentiel que vos moments difficiles restent les vôtres et que ceux de votre partenaire lui appartiennent également. Si une situation stressante au travail de votre partenaire vous empêche de manger ou de dormir, ou si vous passez toute votre énergie mentale à essayer de l’aider à aller mieux, vous risquez de ne plus être suffisamment centré·e sur votre propre expérience pour soutenir efficacement votre partenaire — ou vous-même.
La codépendance et l’enchevêtrement peuvent paradoxalement générer des conflits relationnels liés au ressentiment ou au sentiment d’obligation, ainsi qu’un isolement par rapport aux autres personnes de votre entourage et l’abandon de vos propres passions et centres d’intérêt. Beaucoup d’entre nous ont grandi avec des modèles qui encouragent le sacrifice de soi pour prendre soin des autres, mais en réalité, nous sommes bien mieux équipé·es pour être présent·es pour nous-mêmes et pour nos proches si nous « mettons notre propre masque à oxygène en premier », comme le disent les consignes de sécurité en avion.
Assurez-vous que vous et votre partenaire êtes bien préparées à vous soutenir mutuellement
Nous voulons tous·tes que notre partenaire soit là pour nous lorsque nous traversons des moments difficiles — et lorsque ce n’est pas le cas, nos problèmes peuvent nous sembler encore plus insurmontables. Mais personne ne peut lire dans les pensées de l’autre ou comprendre parfaitement son vécu. Si vous et votre partenaire souhaitez être en mesure de vous soutenir mutuellement face aux défis liés à la santé mentale — en particulier si vous y êtes toutes les deux confrontées et que ces défis sont différents — vous devez vous donner les moyens de réussir.
Cela signifie qu’il faut communiquer et établir des attentes claires l’une envers l’autre lorsque vous n’êtes pas en crise. Cela peut passer par le fait d’expliquer ce que vous traversez en période de difficulté, ce qui vous a aidé par le passé et ce qui, au contraire, n’a pas été bénéfique. Par exemple, dire à votre partenaire que vous perdez souvent l’envie de faire l’amour pendant un épisode dépressif majeur, mais que cela ne dure pas indéfiniment, peut l’aider à ne pas s’inquiéter pour votre vie sexuelle à long terme.
Il peut aussi être utile d’informer votre partenaire sur un diagnostic précis que vous avez reçu et comment il se manifeste, ou encore de lui donner suffisamment d’informations pour qu’elle puisse faire ses propres recherches. Il est souvent difficile, voire impossible, d’expliquer ses symptômes ou d’indiquer ce qui pourrait être utile sur le moment, lorsqu’on est en pleine crise.
Trouvez du soutien en dehors de votre partenaire, que ce soit auprès d’un·e thérapeute ou d’ami·es
L’un des aspects les plus importants pour prioriser votre santé mentale est de vous assurer qu’elle soit prise en charge de manière adéquate — et pas seulement par votre partenaire. Peu importe à quel point votre partenaire est attentionnée, compréhensive et bienveillante, il n’est sain pour aucune des deux qu’elle soit votre seule (ou même votre principale) source de soutien en matière de santé mentale. Ce n’est pas parce que vous êtes « trop » ou un fardeau, mais parce que nous sommes censé·es être soutenu·es par une communauté, et non par une seule personne.
Pour éviter cela (et pour limiter les risques de codépendance et d’enchevêtrement), il est essentiel d’investir dans une diversité de relations et d’amitiés, même si cela peut être un défi lorsqu’on gère des difficultés psychologiques. Il est également fortement recommandé de chercher du soutien professionnel auprès d’un·e thérapeute qualifié·e et expérimenté·e — et peut-être d’autres ressources si elles peuvent vous aider, comme un groupe de soutien ou un programme en douze étapes.
Si une partenaire peut vous apporter un soutien émotionnel (et peut même vous aider à chercher un·e thérapeute si elle en a la volonté), un·e professionnel·le de la santé mentale peut vous fournir une aide concrète qui vous permettra réellement d’alléger ou de traiter vos troubles psychologiques, et de vous accompagner dans leur gestion au quotidien.














